Description
… Si, au nombre des vertus du geographe, M. Balbi a omis de citer la reserve et la modestie, c’est qu’il a du les considerer comme nuisibles ou inutiles: aussi n’en use-t-il pour sa part qu’avec la plus grande sobriete. Personne n’est plus rempli que lui de l’importance, de la grandeur, de la perfection de son oeuvre. La veille de sa venue, il n’y avait que chaos dans la geographie; mais il a voulu que la lumiere se fit et la lumiere s’est faite. Il faut voir quels airs de souveraine compassion il affecte vis-a-vis des petits esprits qui, avant lui, ont ose toucher a cette science ! Comme il les traite de haut, ces pretendus geographes, ces geographes routiniers, ces certains geographes et cartographes, ce commun des geographes, completement etrangers aux progres de la civilisation ! Il ne leur pardonne rien, en maitre severe, pas meme d’avoir ignore ce qui ne s’est decouvert qu’apres eux. Et si sur sa route il en rencontre quelqu’un charge d’un bagage dont il suspecte l’origine, voyez-le s’attendrir, s’indigner, reclamer son bien et son tresor: on le depouille de son edifice geographique; on lui derobe une portion de sa Bible de Geographie, on lui ravit le fruit de ses longues veilles, on le frustre de l’honneur qui lui est du !…




